Aimons toujours…Les Contemplations – Victor Hugo

Aimons toujours ! aimons encore !

Ce texte est extrait des Contemplations, du volume Poésie II de la collection BOUQUINS des Œuvres complètes de Victor Hugo, à la page 317.

Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c’est le cri de l’aurore,
L’amour, c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l’astre dit aux nuages,
C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.
Il a, pour réchauffer le cœur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon, c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,
Toujours les grand cœurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l’âme
À la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu’on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et rêveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases ;
Car notre esprit n’est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur cœur.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l’onde
Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre
L’orgueil du soldat ou du roi,
L’ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l’on se dit : « Qu’en reste-t-il ? »

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l’on se dit : « C’est donc fini ! »

L’amour seul reste. Ô noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton cœur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s’éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

Enregistrements du jour : Aimons toujours ! aimons encore !

Je vous convie à écouter Aimons toujours ! aimons encore !, poème du livre deuxième des Contemplations, L’ÂME EN FLEUR, de Victor Hugo.
Je l’ai dit devant mon ordinateur qui a eu le bon goût de l’enregistrer. Il vous suffit maintenant de cliquer ci-dessous pour l’écouter.

Aimons toujours ! aimons encore !

Mieux connaître Victor Hugo ?

Ce poème vous a plus ?
Mieux : vous souhaitez en savoir plus sur Victor Hugo ?
Je ne saurais trop vous conseiller d’aller sur le site que j’ai dédié à la poésie de Victor Hugo : Entendre Victor Hugo (Il suffit de suivre le lien).
Non seulement vous pourrez entendre sa poésie, avec un éventail de choix beaucoup plus large, mais vous pourrez aussi lire le récit de sa vie poétique scandée en trois temps : avant, pendant et après l’exil, et ce par un spécialiste : Arnaud Laster.
Vous pourrez également découvrir son œuvre picturale puisque chaque poème présenté est associé à un détail des dessins de Victor Hugo.

Vous pourrez aussi entendre une autre interprétation de Aimons toujours ! aimons encore ! et découvrir le détail de dessin associé.

Les enregistrements précédents

Avant ce Aimons toujours ! aimons encore !, j’ai enregistré d’autres poèmes et d’autres poètes.

  • De Marceline Desbordes-Valmore, je vous invite à écouter, et peut-être à découvrir : Les séparés ;
  • De Robert Desnos, La voix, poème découvert grâce à un twittutilisateur.

De Victor Hugo, voici :

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Pierre-François

Pierre-François Kettler est le croisement sanguin et vraisemblablement contaminé de l'heroïc fantasy, de Victor Hugo, du Code noir, du théâtre, de Robert Desnos, du jeu et de la poésie. L’enfance et l’adolescence, à Chambéry, lui ont fait découvrir un corps qu'il détestait copieusement et un imaginaire où il se réfugiait voluptueusement. Son "service national" au Rwanda l'a ouvert sur le monde. Le théâtre l'a fait vivre et l'a réconcilié avec son corps dans cet espace si complexe. Depuis 2005, il harmonise sa chair et ses rêves en les écrivant.

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