Les pauvres gens (6-[Berceau]) – La Légende des siècles – Victor Hugo

Les pauvres gens (VII et VIII)

Les textes présentés ici, septième et huitième parties des Pauvres gens, sont extraits de La légende des siècles, première série, du volume Poésie II de la collection BOUQUINS des Œuvres complètes de Victor Hugo, à la page 797. J’ai intitulé cet extrait [Berceau] pour l’occasion (tout simplement parce que deux tout-petits dorment dans un berceau).
Ce texte comporte dix parties. Huit ont été enregistrées et diffusées ici. Les autres seront accessibles sur ce site très bientôt (à moins qu’elles n’y soient déjà, pour vous qui venez ici, bien des mois après ce mois de mars 2014 où j’écrivais cette présentation).

Je vous signale, lors de chaque publication audio, la référence du texte lu, dès l’instant où il s’agit de Victor Hugo. En effet, il est fréquent de découvrir sur internet des poèmes d’auteurs connus transformés par la (parfois mauvaise) grâce du virtuel…

VII

Comme ils dorment tous deux dans le berceau qui tremble !
Leur haleine est paisible et leur front calme. Il semble
Que rien n’éveillerait ces orphelins dormant,
Pas même le clairon du dernier jugement ;
Car, étant innocents, ils n’ont pas peur du juge.

Et la pluie au dehors gronde comme un déluge.
Du vieux toit crevassé, d’où la rafale sort,
Une goutte parfois tombe sur ce front mort,
Glisse sur cette joue et devient une larme.
La vague sonne ainsi qu’une cloche d’alarme.
La morte écoute l’ombre avec stupidité.
Car le corps, quand l’esprit radieux l’a quitté,
A l’air de chercher l’âme et de rappeler l’ange ;
Il semble qu’on entend ce dialogue étrange
Entre la bouche pâle et l’œil triste et hagard :
« Qu’as-tu fait de ton souffle ? – Et toi, de ton regard ? »

Hélas! aimez, vivez, cueillez les primevères,
Dansez, riez, brûlez vos cœurs, videz vos verres.
Comme au sombre océan arrive tout ruisseau,
Le sort donne pour but au festin, au berceau,
Aux mères adorant l’enfance épanouie,
Aux baisers de la chair dont l’âme est éblouie,
Aux chansons, au sourire, à l’amour frais et beau,
Le refroidissement lugubre du tombeau !

VIII

Qu’est-ce donc que Jeannie a fait chez cette morte ?
Sous sa cape aux longs plis qu’est-ce donc qu’elle emporte ?
Qu’est-ce donc que Jeannie emporte en s’en allant ?
Pourquoi son cœur bat-il ? Pourquoi son pas tremblant
Se hâte-t-il ainsi ? D’où vient qu’en la ruelle
Elle court, sans oser regarder derrière elle ?
Qu’est-ce donc qu’elle cache avec un air troublé
Dans l’ombre, sur son lit ? Qu’a-t-elle donc volé ?

Enregistrements du jour : Les pauvres gens – VII et VIII ([Berceau])

Je vous convie à écouter les septième et huitième parties des Pauvres gens, rassemblées ici sous l’intitulé de [Berceau] (mot clé de cette partie choisi pour les nécessités du référencement ; il a jailli sous la plume de Victor Hugo, mais il est là pour être repéré par un moteur… ce berceau), extrait de La légende des siècles, première série, de Victor Hugo. Je l’ai chuchoté à l’oreille de mon ordinateur. Il vous le confiera si vous cliquez ci-dessous.

[Berceau]

VII

VIII

Pour écouter la suite des Pauvres gens, [Jeannie], ami auditeur, il suffit de cliquer sur le lien.

Les enregistrements précédents

Si vous n’avez pas encore écouté les précédents opus des Pauvres gens, avant cet enregistrement, ce Berceau, il y a :

  1. Les deux premières parties des Pauvres gens ;
  2. L’anneau ;
  3. flot ;
  4. La masure
  5. Cadavre

Avant Les pauvres gens, j’ai enregistré d’autres poèmes de Victor Hugo.
Pour les écouter, les retrouver, il vous suffit de cliquer sur le titre qui vous intéresse :

Vere Novo

Il y a également un poème de Marceline Desbordes-Valmore, Les séparés.

Lectures suivantes

Un principe

Si vous souhaitez que j’enregistre un poème du répertoire, n’hésitez pas à m’en faire part. Dans la mesure de mes possibilités, et de ma sensibilité, je pourrai le faire. Il n’y a aucune obligation mais, dans la mesure où j’aime la poésie et la dire, je le ferai avec plaisir.

Les écouter

Pour écouter les autres poèmes enregistrés, je vous conseille de vous référer à la page des liens intitulée Enregistrements – Index.

Une prochaine lecture au Théâtre du Nord-Ouest

Ce mardi 1er avril 2014, à 19h, j’ai lu des extraits de la La légende des siècles, de Victor Hugo. Ce n’était pas la chanson des poissons… Vous pourrez l’entendre dans son intégralité si vous m’en faites la demande. Sinon, patientez, les dernières strophes seront en lignes très bientôt….
En vous inscrivant à la newsletter de ce site, vous serez tenu au courant des publications.
La prochaine lecture au Théâtre du Nord-Ouest aura lieu le mercredi 14 mai 2014 et sera aussi composée de textes de la Légende des siècles.
Le Théâtre du Nord-Ouest a son entrée située au 13 rue du Faubourg Montmartre, à Paris. Le tarif d’entrée est de 6 €.

Pierre-François

Pierre-François Kettler est le croisement sanguin et vraisemblablement contaminé de l'heroïc fantasy, de Victor Hugo, du Code noir, du théâtre, de Robert Desnos, du jeu et de la poésie. L’enfance et l’adolescence, à Chambéry, lui ont fait découvrir un corps qu'il détestait copieusement et un imaginaire où il se réfugiait voluptueusement. Son "service national" au Rwanda l'a ouvert sur le monde. Le théâtre l'a fait vivre et l'a réconcilié avec son corps dans cet espace si complexe. Depuis 2005, il harmonise sa chair et ses rêves en les écrivant.

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