Les pauvres gens (3-[Le flot]) – La Légende des siècles – Victor Hugo

Les pauvres gens (3)

Le texte présenté ici, quatrième partie des Pauvres gens, est extrait de La légende des siècles, première série, du volume Poésie II de la collection BOUQUINS des Œuvres complètes de Victor Hugo, à la page 795. J’ai intitulé cette partie [Le flot] car le flot y joue un rôle important. Le poème en compte dix. Quatre ont déjà été enregistrées et diffusées ici. Les autres sont à venir.

Je vous signale, lors de chaque publication audio, la référence du texte lu, dès l’instant où il s’agit de Victor Hugo. En effet, il est fréquent de découvrir sur internet des poèmes d’auteurs connus transformés par la (parfois mauvaise) grâce du virtuel…

IV

Ô pauvres femmes
De pêcheurs ! c’est affreux de se dire : « Mes âmes,
Père, amant, frère, fils, tout ce que j’ai de cher,
C’est là, dans ce chaos ! – mon coeur, mon sang, ma chair ! »
Ciel ! être en proie aux flots, c’est être en proie aux bêtes.
Oh ! songer que l’eau joue avec toutes ces têtes,
Depuis le mousse enfant jusqu’au mari patron,
Et que le vent hagard, soufflant dans son clairon,
Dénoue au-dessus d’eux sa longue et folle tresse,
Et que peut-être ils sont à cette heure en détresse,
Et qu’on ne sait jamais au juste ce qu’ils font,
Et que, pour tenir tête à cette mer sans fond,
À tous ces gouffres d’ombre où ne luit nulle étoile,
Ils n’ont qu’un bout de planche avec un bout de toile !
Souci lugubre ! on court à travers les galets,
Le flot monte, on lui parle, on crie : « Oh ! rends-nous-les ! »
Mais, hélas ! que veut-on que dise à la pensée
Toujours sombre, la mer toujours bouleversée !

Jeannie est bien plus triste encor. Son homme est seul !
Seul dans cette âpre nuit ! seul sous ce noir linceul !
Pas d’aide. Ses enfants sont trop petits. – Ô mère !
Tu dis : « S’ils étaient grands ! – leur père est seul ! » Chimère !
Plus tard, quand ils seront près du père et partis,
Tu diras en pleurant : « Oh! s’ils étaient petits ! »

Enregistrements du jour : Les pauvres gens – IV (Le flot)

Je vous propose aujourd’hui d’écouter la quatrième partie du poème Les pauvres gens, Le flot (qui est un mot clé choisi arbitrairement dans le texte, il n’est nullement choisi par Hugo, je tiens à le préciser… donc, le flot), extrait de La légende des siècles, première série, de Victor Hugo. Je l’ai confié à mon ordinateur, qui l’a enregistré dans un certain format. J’ai ensuite utilisé un logiciel trouvé sur la toile, (Free MP3 WMA Converter, qui est libre de droit) pour le convertir en format mp3 et ogg (afin d’être lu par vos navigateurs). Vous écoutez quelques jours ou plusieurs années plus tard ce que j’ai enregistré au cours du mois de mars 2014…

IV – [Le flot]

Pour écouter la suite des Pauvres gens, la masure, ami auditeur, vous pouvez cliquer sur le lien.

Les lectures précédentes

Si vous ne les avez pas encore écoutés, avant ce [Le flot], je vous conseille [l’anneau] et, encore avant, les deux premières parties des Pauvres gens.

Avant Les pauvres gens, j’ai enregistré d’autres poèmes de Victor Hugo.
Pour les écouter, les retrouver, il vous suffit de cliquer sur le titre qui vous intéresse :

Vere Novo

Il y a également un poème de Marceline Desbordes-Valmore, Les séparés.

Lectures suivantes

Un principe

Si vous souhaitez que j’enregistre un poème du répertoire, n’hésitez pas à m’en faire part. Dans la mesure de mes possibilités, et de ma sensibilité, je pourrai le faire. Il n’y a aucune obligation mais, dans la mesure où j’aime la poésie et la dire, je le ferai avec plaisir.

Les écouter

Pour écouter les autres poèmes enregistrés, je vous conseille de vous référer à la page des liens intitulée Enregistrements – Index.

Prochaine lecture au Théâtre du Nord-Ouest

Le mardi 1er avril 2014, à 19h, je lirai des extraits de la La légende des siècles, de Victor Hugo. Parmi les textes lus, il y aura Les pauvres gens. Vous pourrez l’entendre dans son intégralité si vous venez ce jour-là. Sinon, patientez, je vais publier une ou deux strophes par semaine dans les temps à venir. Peut-être plus….
Si vous vous inscrivez à la newsletter de ce site, vous serez tenu au courant de ces publications.
Peut-être que ma lecture du 1er avril sera enregistrée, avec Les pauvres gens dans une autre interprétation.
Le Théâtre du Nord-Ouest est situé au 13 rue du Faubourg Montmartre, à Paris. Le tarif d’entrée est de 6 €.

Pierre-François

Pierre-François Kettler est le croisement sanguin et vraisemblablement contaminé de l'heroïc fantasy, de Victor Hugo, du Code noir, du théâtre, de Robert Desnos, du jeu et de la poésie. L’enfance et l’adolescence, à Chambéry, lui ont fait découvrir un corps qu'il détestait copieusement et un imaginaire où il se réfugiait voluptueusement. Son "service national" au Rwanda l'a ouvert sur le monde. Le théâtre l'a fait vivre et l'a réconcilié avec son corps dans cet espace si complexe. Depuis 2005, il harmonise sa chair et ses rêves en les écrivant.

7 commentaires

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