Les pauvres gensLa Légende des siècles – Victor Hugo

Les pauvres gens

Le texte ici présenté, Les pauvres gens, est extrait de La légende des siècles, première série, du volume Poésie II de la collection BOUQUINS des œuvres complètes de Victor Hugo, à la page 793. Il s’agit des deux premières parties du poème Les pauvres gens. Il en compte dix que je vous donnerai à entendre dans les jours à venir.

Je vous signale, lors de chaque publication audio, la référence du texte lu, dès l’instant où il s’agit de Victor Hugo. En effet, il est fréquent de découvrir sur internet des poèmes d’auteurs connus transformés par la (parfois mauvaise) grâce du virtuel…

Le site Entendre Victor Hugo

Si vous souhaitez écouter l’intégrale des Pauvres Gens, je vous invite à vous rendre sur le site que j’ai dédié à la poésie de Victor Hugo : Entendre Victor Hugo. Vous découvrirez l’intégrale du poème Les Pauvres Gens.

I

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.
Le logis est plein d’ombre, et l’on sent quelque chose
Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.
Des filets de pêcheur sont accrochés au mur.
Au fond, dans l’encoignure où quelque humble vaisselle
Aux planches d’un bahut vaguement étincelle,
On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants.
Tout près, un matelas s’étend sur de vieux bancs,
Et cinq petits enfants, nid d’âmes, y sommeillent.
La haute cheminée où quelques flammes veillent
Rougit le plafond sombre, et, le front sur le lit,
Une femme à genoux prie, et songe, et pâlit.
C’est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d’écume,
Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit, à la brume,
Le sinistre océan jette son noir sanglot.

II

L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l’hameçon,
Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
Il s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence,
L’endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plaît le poisson aux nageoires d’argent,
Ce n’est qu’un point ; c’est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent !
Comme il faut combiner sûrement les manœuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés
Et fait râler d’horreur les agrès effarés.
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l’appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du cœur.

Enregistrements de ce jour : Les pauvres gens

Je vous propose aujourd’hui d’écouter les deux premières parties du poème Les pauvres gens, extrait de La légende des siècles, première série, de Victor Hugo. Je les ai enregistrées en une prise sur mon ordinateur, ce qui m’étonne à chaque fois, puisqu’il autorise la situation présente : vous entendez ce que j’enregistre à l’instant.
– I –

– II –

Pour écouter la suite : L’anneau, il suffit de cliquer sur le lien indiqué.

Lectures qui ont précédé

Avant Les pauvres gens, j’ai enregistré d’autres poèmes de Victor Hugo.
Pour les écouter, les retrouver, il vous suffit de cliquer sur le titre qui vous intéresse :

Vere Novo

Il y a également un poème de Marceline Desbordes-Valmore, Les séparés.

Lectures suivantes

Un principe

Si vous souhaitez que j’enregistre un poème du répertoire, n’hésitez pas à m’en faire part. Dans la mesure de mes possibilités, et de ma sensibilité, je pourrai le faire. Il n’y a aucune obligation mais, dans la mesure où j’aime la poésie et la dire, je le ferai avec plaisir.

Les écouter

Pour écouter les autres poèmes enregistrés, je vous conseille de vous référer à la page des liens intitulée Enregistrements – Index.

Lectures au Théâtre du Nord-Ouest

Le mardi 1er avril, à 19h, je lirai des extraits de la La légende des siècles, de Victor Hugo. Parmi les textes lus, il y aura Les pauvres gens. Vous pourrez l’entendre dans son intégralité si vous venez ce jour-là. Sinon, patientez, je vais publier une ou deux strophes par semaine dans les temps à venir. Peut-être plus….
Si vous vous inscrivez à la newsletter de ce site, vous serez tenu au courant de ces publications.
Peut-être que ma lecture du 1er avril sera enregistrée, avec Les pauvres gens dans une autre interprétation.
Le Théâtre du Nord-Ouest est situé au 13 rue du Faubourg Montmartre, à Paris. Le tarif d’entrée est de 6 €.

Pierre-François

Pierre-François Kettler est le croisement sanguin et vraisemblablement contaminé de l'heroïc fantasy, de Victor Hugo, du Code noir, du théâtre, de Robert Desnos, du jeu et de la poésie. L’enfance et l’adolescence, à Chambéry, lui ont fait découvrir un corps qu'il détestait copieusement et un imaginaire où il se réfugiait voluptueusement. Son "service national" au Rwanda l'a ouvert sur le monde. Le théâtre l'a fait vivre et l'a réconcilié avec son corps dans cet espace si complexe. Depuis 2005, il harmonise sa chair et ses rêves en les écrivant.