MELANCHOLIA (Extrait) – Les Contemplations – Victor Hugo

MELANCHOLIA (Extrait)

Ce texte est extrait des Contemplations, du volume Poésie II de la collection BOUQUINS des Œuvres complètes de Victor Hugo, à la page 332. Je l’ai copié/collé du site Poésie française en référence à la version précitée, version la plus récente extraite du poème MELANCHOLIA du même ouvrage, à la page 330.

Le site Entendre Victor Hugo

Un travail de longue haleine

Je mets en place (work in progress) un site autour de la poésie de Victor Hugo (qui se nomme Entendre Victor Hugo). L’internaute y lit et écoute la poésie du plus grand poète français. Il l’entend, dans tous les sens du terme. Sur internet, beaucoup de poèmes d’auteurs connus sont remplis d’erreurs, quand ils ne sont pas carrément « réadaptés ». Dans la mesure du possible, je cite mes sources et je les citerai toujours pour ce qui concerne Hugo. Elles permettent au lecteur attentif de vérifier si une coquille ne s’est pas glissée par inadvertance dans le texte du jour (car je suis faillible, comme chacun, et l’avantage de l’internet 2.0 est l’échange.) Ce site devrait devenir la référence car je travaille en correspondance avec des universitaires spécialistes de Victor Hugo. Cela dit, c’est un travail de longue haleine et je publierai un article à ce sujet.

MELANCHOLIA

Le poème MELANCHOLIA est neuf fois plus long que l’extrait présenté ici. Sur le site Entendre Victor Hugo, il est publié dans son intégralité. Vous pouvez le consulter en suivant le lien.

MELANCHOLIA – L’enregistrement

Je vous convie à écouter un extrait de MELANCHOLIA, poème des Contemplations, de Victor Hugo.
Il vous suffit maintenant de cliquer ci-dessous (sur la petite flèche en forme de triangle) pour l’écouter et, je l’espère, entendre cette MELANCHOLIA.

MELANCHOLIA (Extrait)

MELANCHOLIA – Le texte

MELANCHOLIA

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait – c’est là son fruit le plus certain ! –
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

Remerciements

Merci à la Société des amis de Victor Hugo qui a signalé les enregistrements précédents dans leur lettre d’information (N° 510).

Répertoire des enregistrements

Invitation

Si vous souhaitez entendre un texte appartenant au répertoire, n’hésitez pas à me le demander. Dans la mesure de mes possibilités et de ma sensibilité, je le réaliserai. Je n’ai, certes, aucune obligation mais, comme j’aime la poésie et la dire, ce sera avec plaisir.

Principe de la méthode

Ecouter les autres auteurs enregistrés est simple : Aller sur la page des liens intitulée Enregistrements – Index offre un choix qui grandit chaque semaine.

Pierre-François

Pierre-François Kettler est le croisement sanguin et vraisemblablement contaminé de l'heroïc fantasy, de Victor Hugo, du Code noir, du théâtre, de Robert Desnos, du jeu et de la poésie. L’enfance et l’adolescence, à Chambéry, lui ont fait découvrir un corps qu'il détestait copieusement et un imaginaire où il se réfugiait voluptueusement. Son "service national" au Rwanda l'a ouvert sur le monde. Le théâtre l'a fait vivre et l'a réconcilié avec son corps dans cet espace si complexe. Depuis 2005, il harmonise sa chair et ses rêves en les écrivant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *